Bilan de fumure · Réglementation
Plan prévisionnel de fumure obligatoire : êtes-vous concerné ?
La réponse courte
Oui, si au moins une de vos parcelles est en zone vulnérable aux nitrates. Pour chaque îlot cultural situé dans cette zone, vous devez établir un plan prévisionnel de fumure et tenir un cahier d'enregistrement des pratiques, même si l'îlot ne reçoit pas d'azote. Les deux se conservent au moins cinq campagnes. Les dates et la méthode de calcul précises dépendent de l'arrêté de votre région.
Qui est concerné
Une obligation liée à la zone, pas à la taille
Elle découle de la directive « nitrates » et du programme d'actions national, fixé par l'arrêté du 19 décembre 2011 modifié, pris en application du code de l'environnement. Ce programme est ensuite complété par un programme d'actions dans chaque région qui compte une zone vulnérable.
Le critère est géographique : tout exploitant qui a au moins un îlot cultural en zone vulnérable doit établir le plan et le cahier, pour tous ses îlots situés dans cette zone. La liste des communes classées est publique ; si vous avez un doute, vérifiez celle de votre commune avant de vous lancer.
Les deux documents
Le plan prévoit, le cahier raconte
Le plan prévisionnel de fumure dit ce que vous comptez faire ; le cahier d'enregistrement dit ce que vous avez fait. Le cahier se met à jour après chaque épandage. Ensemble, ils portent sur une campagne complète.
L'azote que vous apportez doit rester dans la dose prévue. Un dépassement doit se justifier : rendement réalisé supérieur au prévu, outil de pilotage de la fertilisation, ou accident de culture après le calcul, décrit dans le cahier.
- Pour chaque îlot : la surface, le type de sol, la culture et la période d'implantation envisagée.
- L'objectif de production, et l'éventuelle analyse de sol réalisée (reliquat, matière organique ou azote total, selon la méthode de votre région).
- Les apports par irrigation envisagés et la quantité d'azote à apporter, pour chaque apport.
- Dans le cahier : la culture, la date d'implantation, le rendement réalisé, et la date, la nature et la quantité de chaque apport d'azote.
- Si vous êtes éleveur, des éléments sur le cheptel et sur les effluents échangés ou transférés.
Le calcul
Combien d'azote apporter : la méthode du bilan
La dose se calcule avec la méthode du bilan prévisionnel : on compare ce que la culture va pouvoir absorber avec ce que le sol et les autres sources lui fournissent déjà (le sol lui-même, les résidus de la culture précédente, l'eau d'irrigation, les effluents d'élevage). L'engrais ne doit couvrir que la différence.
La méthode exacte, pour chaque culture, est fixée par un arrêté du préfet de région, appelé référentiel régional. C'est lui qui donne les valeurs par défaut, les coefficients des engrais organiques et ce qu'il faut mesurer.
L'objectif de rendement, quand il sert au calcul, est la moyenne des rendements de votre exploitation sur les cinq dernières années, en écartant la plus haute et la plus basse, si possible pour des conditions de sol comparables. Si vous n'avez pas assez de références, on prend les valeurs par défaut du référentiel régional.
Le détail du calcul n'est pas exigé pour les cultures qui reçoivent moins de 50 kg d'azote total par hectare. Le plan et le cahier restent obligatoires.
Le reliquat azoté
Le reliquat, et pourquoi la date change selon la région
Le reliquat azoté est l'azote minéral que le sol contient à un moment donné. Il se mesure en laboratoire, sur un échantillon de terre prélevé au champ. Le reliquat « sortie d'hiver » se mesure à la fin de l'hiver, avant le premier apport.
Si vous exploitez plus de 3 hectares en zone vulnérable, vous devez faire chaque année une analyse de sol sur au moins un îlot, pour l'une de vos trois principales cultures. Le texte national n'impose pas le type d'analyse : reliquat sortie d'hiver, taux de matière organique ou azote total, c'est l'arrêté de votre région qui le précise.
Le texte national ne donne pas de date pour le reliquat. Il renvoie à l'arrêté régional, qui peut fixer les règles de prélèvement, dont les dates. La date que vous trouvez sur une fiche d'une autre région n'est donc pas forcément la vôtre : la date est fixée par l'arrêté de votre région. Cherchez « arrêté régional du programme d'actions nitrates » pour votre région, et son référentiel de fertilisation azotée.
Quand vous faites un reliquat, son résultat doit entrer dans le calcul de la dose. Les originaux du laboratoire sont à garder à la disposition des services de contrôle.
Les délais
Quand faire le plan
Le plan se fait à l'ouverture du bilan, et au plus tard avant le premier apport de la sortie d'hiver (avant le deuxième apport, si vous fractionnez les doses de printemps). L'arrêté régional peut fixer une date limite précise, et certaines régions le font : encore une fois, c'est celui de votre région qui compte.
Les périodes pendant lesquelles l'épandage d'engrais azotés est interdit, elles, ont un minimum national qui varie selon le type d'engrais et la culture ; le programme régional peut les renforcer. Nous ne donnons pas de calendrier ici : il dépend de votre région et de l'engrais.
Nous ne détaillons pas ici les suites d'un contrôle.
Notre rôle
Ce que fait Tres60 analytics, et ce que nous ne faisons pas
Notre bilan de fumure part de votre analyse de sol et vous aide à préparer le plan : il vous donne, parcelle par parcelle, ce que le sol peut fournir et ce qui manque à la culture. Il ne remplace pas votre plan prévisionnel de fumure, qui reste votre document, établi selon l'arrêté de votre région.
Pour l'azote, nous l'estimons à partir de l'azote total et du rapport C/N de votre analyse. Nous ne le mesurons pas. Nous vous indiquons aussi quand mesurer les nitrates, pour ajuster la dernière dose. En France, c'est en général à la sortie de l'hiver, avant le premier apport ; la date exacte est celle de l'arrêté de votre région.
Le reliquat azoté, lui, est mesuré par un laboratoire. Nous ne le faisons pas, et nous ne remplissons pas votre plan ni votre cahier à votre place. Nous ne promettons pas d'économie d'engrais : la preuve, c'est l'analyse de vos propres parcelles.
Ce que l’on nous demande
Vos questions sur le plan prévisionnel de fumure
Combien de temps faut-il garder le plan et le cahier ?
Au moins cinq campagnes, d'après le programme d'actions national. Gardez aussi les justificatifs de rendement et les originaux des analyses de sol, à la disposition des services de contrôle.
Mes parcelles reçoivent peu d'azote. Suis-je dispensé ?
Pas du plan ni du cahier : ils sont à établir pour chaque îlot en zone vulnérable, qu'il reçoive de l'azote ou non. Seul le détail du calcul de la dose n'est pas exigé en dessous de 50 kg d'azote total par hectare.
Quelle date de reliquat sortie d'hiver dois-je respecter ?
Celle de l'arrêté de votre région. Le texte national ne fixe pas de date de reliquat : il laisse l'arrêté régional préciser les règles de prélèvement. Si deux fiches donnent des dates différentes, c'est souvent qu'elles parlent de régions différentes.
Le reliquat est-il obligatoire ?
Une analyse de sol annuelle l'est, si vous exploitez plus de 3 hectares en zone vulnérable. Selon votre région, elle peut être un reliquat, un taux de matière organique ou un dosage de l'azote total. Si vous faites un reliquat, son résultat doit entrer dans le calcul de la dose.
Pouvez-vous mesurer le reliquat ?
Non, c'est une mesure de laboratoire. Nous estimons l'azote disponible à partir de l'azote total et du rapport C/N, et nous vous disons quand faire mesurer les nitrates. Pour savoir lire les chiffres d'une analyse, voyez Comment lire une analyse de sol.
Votre bilan remplit-il mon plan ?
Non. Il vous aide à le préparer avec des chiffres de vos parcelles, mais le plan reste le vôtre. Le détail est sur la page Bilan de fumure.
Sources : Arrêté du 19 décembre 2011 relatif au programme d'actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole, modifié (annexe I, mesures 3 et 4) ; code de l'environnement, article R. 211-81 ; directive 91/676/CEE. Les dates, la méthode de calcul et les périodes d'interdiction sont fixées par l'arrêté de votre région. Ce texte résume la réglementation et n'est pas un conseil juridique.
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