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Bilan de fumure · Analyse de sol

Comment lire une analyse de sol agricole, ligne par ligne

La réponse courte

Avant de regarder un chiffre, regardez quelle méthode l'a mesuré et dans quelle unité il est donné. Ensuite, lisez-le avec la grille de cette même méthode, et si possible celle du même laboratoire. Un phosphore peut être faible avec une méthode et correct avec une autre : Olsen, Joret-Hébert et Dyer ne donnent pas les mêmes valeurs sur le même sol.

Le plus important

La méthode et l'unité, avant le chiffre

Chaque laboratoire extrait les éléments du sol avec un liquide différent, et chaque liquide en extrait une quantité différente. Une grille d'interprétation ne vaut donc que pour la méthode avec laquelle elle a été construite.

Sur votre bulletin, cherchez à côté de chaque ligne le nom de la méthode ou de la norme (Olsen, Joret-Hébert, Dyer, Metson, acétate d'ammonium…) et l'unité. Les équivalences que l'on confond le plus :

  • mg/kg = ppm. C'est la même chose sous deux noms. Et 1 g/kg = 1 000 mg/kg.
  • cmol+/kg = meq/100 g. Là aussi, c'est la même unité.
  • P ou P2O5, K ou K2O. En France, les bulletins donnent presque toujours les formes oxydes (P2O5 et K2O). P × 2,29 = P2O5, et K × 1,2 = K2O. Un tableau d'une revue étrangère est souvent en P et K : vérifiez avant de comparer.
  • g/kg ou %. 10 g/kg = 1 %. C'est l'écart le plus fréquent sur la matière organique et le calcaire.

pH

Acidité ou alcalinité du sol

Le pH qui sert de référence est le pH eau. Il change un peu selon la saison (d'environ un demi-point sur l'année, plus bas au printemps et en été), donc comparez des prélèvements faits à la même époque, de préférence à l'automne.

Un sol très acide pose des problèmes de toxicité aluminique au niveau des racines. Un sol calcaire, à pH élevé, rend certains oligo-éléments moins disponibles (le bore, le manganèse, le fer…). Le pH visé n'est pas le même pour toutes les cultures : lisez-le avec la culture que vous allez implanter.

Si le pH est bas, un chaulage d'entretien le maintient ; la quantité à apporter dépend aussi de la CEC, dont on parle plus bas, car un sol argileux résiste plus au changement qu'un sol sableux.

Matière organique

Matière organique et rapport C/N

La matière organique est calculée à partir du carbone organique, avec un coefficient de conversion (1,724 par convention). Elle est souvent donnée en g/kg : vérifiez si le bulletin ne la donne pas en %.

Sa lecture dépend de la texture : un sol argileux en garde plus qu'un sol sableux, et un sol calcaire la minéralise plus vite. Ne la comparez qu'à des sols de même type.

Le rapport C/N dit si cette matière organique est facile à décomposer. Plus il est élevé, plus la matière organique est peu évoluée et plus elle libère mal son azote. Ce n'est qu'un indice : il ne remplace pas la mesure de l'azote disponible au bon moment.

Calcaire

Calcaire total et calcaire actif

Le calcaire total est tout le carbonate du sol. Le calcaire actif est la partie fine, la plus réactive, celle qui bloque le fer et le phosphore et provoque la chlorose (feuilles jaunes aux nervures vertes). Pour la plante, c'est lui qui compte le plus, surtout en vigne et en arbres fruitiers.

Si votre bulletin donne le calcaire total mais pas le calcaire actif, et que le sol est calcaire, demandez-le. Pour la vigne, on le croise avec le fer extractible : c'est ce croisement, plus que le calcaire seul, qui explique les cas de chlorose.

Texture et CEC

Ce que le sol peut garder

La texture est le partage entre sable, limon et argile. Plus il y a d'argile, plus le sol peut retenir d'éléments.

La CEC (capacité d'échange cationique) est le réservoir du sol : ce qu'il peut retenir de calcium, de magnésium, de potasse et de sodium. Elle se donne en cmol+/kg (ou en meq/100 g, c'est pareil). La méthode Metson et la méthode à l'acétate d'ammonium tamponné à pH 7 ne sont pas la même mesure : regardez laquelle figure sur votre bulletin.

Un piège dans les sols calcaires ou gypseux : en mesurant le calcium, le liquide du laboratoire dissout une partie du calcaire. Le calcium sort plus haut qu'il n'est, et la somme des cations peut dépasser la CEC. Cet excès de calcium n'est pas réel : c'est un effet de la méthode.

Phosphore

Olsen, Joret-Hébert, Dyer : trois méthodes, trois chiffres

Le phosphore est la ligne la plus souvent mal lue. En France, trois méthodes sont courantes. Olsen (bicarbonate de sodium) est née pour les sols calcaires et sert aujourd'hui de méthode de routine. Joret-Hébert (oxalate d'ammonium) convient aux sols calcaires à légèrement acides. Dyer (acide citrique) est pensée pour les sols acides ou neutres, et sa norme ne s'applique qu'aux sols peu calcaires.

Sur un même sol, les trois donnent des chiffres différents : Olsen extrait le moins, Joret-Hébert un peu plus, Dyer le plus. Il n'y a donc pas de facteur simple pour passer de l'une à l'autre, et un chiffre ne se lit qu'avec la grille de sa méthode, pour la culture concernée.

Un bulletin donne en général le P2O5 en mg/kg avec un classement (très faible, faible, satisfaisant, élevé…). Ce classement est celui du laboratoire : gardez la même méthode d'une année sur l'autre pour suivre l'évolution de votre parcelle.

Potasse

Potasse échangeable

La potasse est extraite à l'acétate d'ammonium et donnée en K2O, en g/kg ou en mg/kg selon le laboratoire. Vérifiez l'unité avant de comparer deux bulletins : l'erreur d'un facteur 10 ou 1 000 existe.

Sa lecture dépend de la texture et de la CEC : un sol argileux retient plus de potasse qu'un sol sableux, donc le même chiffre ne veut pas dire la même chose. Selon la teneur et la culture, on parle de fumure d'entretien (remplacer ce que la culture exporte), de redressement (relever un sol pauvre) ou d'impasse (ne pas apporter, parce que le sol suffit). C'est le croisement de l'analyse, de l'historique de la parcelle et de la culture qui permet de choisir.

Erreurs

Les erreurs les plus courantes

En lisant une analyse, voici les erreurs que l'on voit le plus souvent :

  • Comparer l'analyse de cette année à celle d'il y a cinq ans, faite par un autre laboratoire avec une autre méthode.
  • Lire un Olsen avec la grille de Joret-Hébert ou de Dyer, ou l'inverse.
  • Confondre P et P2O5, ou K et K2O.
  • Regarder le calcaire total sans demander le calcaire actif.
  • Utiliser la grille d'une culture pour une autre : un maraîcher ou une vigne n'ont pas les mêmes besoins qu'un blé.
  • Mal prélever : trop peu de prises, mélange de zones différentes, ou prélèvement juste après un apport d'engrais.

Le prélèvement

Comment prélever

Une analyse vaut ce que vaut l'échantillon. Les règles de bon sens sont les mêmes partout :

  • Un échantillon par zone qui se ressemble. Si la parcelle a deux sols différents, ce sont deux échantillons.
  • Beaucoup de prises en zigzag dans chaque zone, mélangées dans un seau propre.
  • Sur la couche travaillée, à la même profondeur chaque fois.
  • Après la récolte et avant l'apport d'engrais. Si vous refaites l'analyse, faites-la à la même époque et après la même culture.
  • Dans un sac propre, avec une étiquette qui ne s'efface pas.

Ce que l’on nous demande

Questions fréquentes sur l'analyse de sol

Quelles valeurs sont normales ?

Il n'y a pas de tableau unique : cela dépend de la méthode, de la culture, du type de sol et de qui a construit la grille. La première question est toujours la méthode utilisée.

Existe-t-il une formule pour passer d'Olsen à Dyer ou à Joret-Hébert ?

Des travaux de recherche ont proposé des équations, mais elles dépendent du type de sol et gardent une marge d'erreur. Le plus sûr est de lire chaque méthode avec sa propre grille.

Tous les combien refaire une analyse ?

On raisonne le bilan sur la rotation, pas sur une seule année. Le plan prévisionnel de fumure obligatoire a ses propres règles : nous les expliquons dans le plan prévisionnel de fumure.

Combien de kilos par hectare représente 1 mg/kg ?

Cela dépend de la profondeur et du poids du sol. Pour 30 cm et un sol de 1 400 kg/m³, 1 mg/kg fait environ 4,2 kg par hectare.

Mon sol est-il très calcaire ?

Regardez le calcaire actif, pas seulement le calcaire total. Si votre bulletin ne le donne pas et que le sol est calcaire, demandez-le au laboratoire.

Pouvez-vous interpréter mon analyse ?

Oui. Envoyez-nous l'analyse complète et l'historique de la parcelle, et nous vous disons ce qui est en trop et ce qui manque à votre culture. Voir aussi le bilan de fumure et les tarifs.

Vous connaissez quelqu’un à qui cela peut servir ?

Envoyez-lui cette page. Il gagnera du temps.

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De l'analyse à la dose

Lire l'analyse est la première étape. Le bilan de fumure la corrige avec les facteurs propres à votre sol et à votre culture, et calcule la quantité d'engrais dont la plante a vraiment besoin.Tous les prix dans la pageTarifs.